Qui peut saisir l’eau ? L’eau, indispensable à la vie : qu’elle vienne à manquer, à inonder, à polluer, elle est au cœur de nos préoccupations, de nos cellules et l’on murmure qu’elle aurait de la mémoire. Cette année, c’est avec ce thème fort que Michèle Bayar a lancé la seconde édition d’écriture de nouvelles, de scénarios et de réalisation de courts-métrages, en partenariat avec Cinémaginaire à Argelès sur Mer et le Ciné-Club Hay Mohammadi à Casablanca. Sous son impulsion et avec son accompagnement, 89 collégiens en Roussillon et à Casablanca ont relevé le défi de réfléchir ensemble sur le rapport texte/image et d’échanger entre les deux rives de la Méditerranée. Tout à tour auteurs, lecteurs, scénaristes et réalisateurs, ils ont mis en mot pour donner à voir, découvert la nouvelle d’un groupe étranger, s’en sont saisis, se la sont appropriée pour l’adapter au cinéma et en tirer un court-métrage. Les participants : l’atelier d’écriture de Florence Pouzet au collège Joseph-Sébastien Pons à Perpignan ; deux classes de 3ème du collège Pablo Casals à Cabestany, conduites par Jean Brunon et Monique Palau, professeurs de lettres ; deux classes du collège Hay Mohammadi à Casablanca conduites par Abdellah Elmoutaki, enseignant cinéma et réalisateur. Travaillant sur le même thème, avec les mêmes contraintes, de part et d’autre de la Méditerranée, les collégiens se découvrent des points communs et des particularités inattendues. Appréhender l’autre dans son altérité en fait un familier, le rapproche. Pendant qu’ils se battent avec des mots – les leurs, ceux des autres - pendant qu’ils courent après des images – peut-on faire croire qu’on transpire au mois de décembre à Cabestany ? - pendant qu’ils cherchent des sons, des rythmes, du sens, les collégiens roussillonnais et marocains écrivent, par leur expérience commune de création littéraire et cinématographique de région à région, une tranche de vie où le Maghreb qui semblait si lointain au début du projet devient si proche au sein de la création commune… Les jeunes roussillonnais s’inquiètent : comment filmer une citerne ? Il n’y en a pas au collège ni dans les environs. Les collégiens s’interrogent aussi à Casablanca : comment mettre en scène une goutte d’eau abandonnée ? Quand on sait à quel point l’eau est difficile à filmer ! Et comment enregistrer une bande son en français quand on est arabophone ? D’où la nécessité d’adapter. Adapter sans trahir, le désir est sous-jacent aux discussions. Parfois, centrés sur les personnages que l’autre rive leur offre, les collégiens s’éloignent du sujet en entrant dans la création. Ils reviennent, soudain, à leur préoccupation première : et l’eau ? On a oublié l’eau ! Elle est pourtant vitale, dans cette histoire ! Les contraintes cinématographiques, strictes, sont stimulantes : comme l’année précédente, les personnages portent un masque blanc. Leur caractérisation dépend donc de leur attitude et des mouvements de la caméra. La voix off, enregistrée préalablement à partir de la nouvelle, soutient l’action ou vient se positionner en contre chant poétique lorsque c’est l’eau qui parle. Les collégiens disposent d’une caméra numérique mini DV, de l’appui technique et artistique de Martine Solere et Nathalie Schmitt pour Cinémaginaire en Roussillon, de celui d’Abdellah Elmoutaki pour le Ciné-Club Hay Mohammadi à Casablanca. La contrainte de temps n’est pas négligeable : il faut obtenir les rushes en trois heures. Le montage se fera en partie à l’ECM d’Argelès sur Mer, en partie au Ciné-Club Hay Mohhamadi à Casablanca. Les courts métrages réalisés seront présentés en janvier 2008 à l’occasion du 11e festival "Maghreb si loin, si proche" en Pyrénées Orientales. Ils seront ensuite mis en ligne sur le site de Cinémaginaire et présentés lors du « Festival international du film universitaire et scolaire » organisé par le Ciné-Club Hay Monammadi et ses partenaires à Casablanca en mai 2008. Voir les photos des ateliers
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